Fabre protestera contre les tirs de grenades lacrymogènes


Jean-Pierre Fabre, candidat de l’Union des forces de changement (UFC-opposition) à la présidentielle de mars dernier, a protesté samedi contre les tirs de grenades lacrymogènes sur son véhicule de député.


“Je protesterai contre l’usage d’un fusils qui tire des grenades lacrymogènes sur le véhicule d’un député”, a déclaré Jean- Pierre Fabre, candidat malheureux à la présidentielle du 4 mars, également président du groupe parlementaire UFC à l’Assemblée nationale.


Il a été empêché, ce samedi, par les forces de l’ordre de conduire la marche de protestation qu’il tient tous les samedi depuis mars dernier pour contester la réélection du chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé.


Pendant ce temps, des militants et sympathisants du parti qui lui sont fidèles ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes au point de départ de la marche.


Le véhicule de l’Etat mis à sadisposition, en sa qualité de député, a été la cible de tirs de grenades lacrymogènes qui ont soufflé le parre-brise arrière.


M. Fabre parle d’”événements graves”, soulignant nécessaire pour lui d’informer “formellement” le président de l’Assemblée nationale de ce qui s’est passé et de remettre la voiture à l’Assemblée pour réparation.


Pour la deuxième fois consécutive, la marche de contestation partant du quartier populeux Bè pour se terminer en meeting à la plage est dispersée par les forces de l’ordre.


Ces dispersions sont intervenues après la tenue, le 12 août, d’un congrès extraordinaire du parti par le président national Gilchrist Olympio et au terme duquel Fabre, secrétaire général, a été exclu de cette formation politique ainsi que quelques autres membres importants.


Commentant l’événement de samedi, Fabre indique qu’il s’agit de “choses qui ne sont pas de nature” à l’impressionner.”ça ne nous impressionne pas, ne nous intimide pas”,a-t-il dit, relevant que, plutôt, cela les renforce et les encourage à aller de l’avant.


“Nous continuerons de fonctionner dans la légalité, d’organiser nos manifestations”, a annoncé Jean-Pierre Fabre crédité de 33,94% des suffrages qui proteste contre la réélection de Faure Gnassingbé avec 60,88%, à la présidentielle du 4 mars 2010 qui avait mis en course sept candidats.

Après la violence policière de ce samedi, fabre déclare: ”Je suis prêt jusqu’au sacrifice suprême”

Jean-Pierre Fabre, le président de l’Union des forces de changement (UFC), non reconnu par le régime RPT, a été violemment attaqué ce matin lors de la traditionnelle marche des samedis du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC). Le pare-brise arrière de son véhicule de député de la République, une Dacia Sardane, immatriculée RTG, a volé en éclats.


Visiblement choqué mais nullement « désemparé », le leader de l’UFC a déclaré qu’il est « prêt pour le sacrifice suprême », cette après-midi à un point de presse organisé a Kodjoviakopé.« Je me suis garé devant un véhicule des forces de sécurité et un groupe de journalistes. Le responsable des gendarmes est venu me parler. Il m’a dit il n’y a pas marche ! Je lui ai dit que je ne lui permets pas de continuer à me parler sur ce ton. Il a commencé à donner des instructions pour que la manifestation soit réprimée. Juste au moment où j’étais à côté du véhicule, l’un des gendarmes a tiré à bout portant sur le véhicule, faisant voler en éclats le pare-brise arrière. Je vous dis bien il y avait deux personnes dans le véhicule et elles pouvaient être mortellement atteintes. Il y a eu manifestement une volonté de tuer. On ne peut pas tirer une grenade lacrymogène à bout portant sur un véhicule. Tout le monde sait qu’il y a deux semaines, ils m’ont poursuivi avec des gaz lacrymogènes et ont tiré sur mon véhicule. Ceci est très grave et marque l’escalade de la violence atteinte par les forces de

l’ordre et de sécurité. Cela marque le niveau atteint par le régime, forcé maintenant de tuer les responsables politiques et d’en finir avec le processus de démocratisation. Je vous fais grâce de l’arrosage de gaz lacrymogènes systématique qu’il y a eu après mon départ », a-t-il raconté devant la presse.

Puis, il donne le ton. «Je voudrais dire que ce sont des choses qui ne sont pas de nature à impressionner Jean-Pierre Fabre ni à impressionner les responsables de l’UFC. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, nous continuerons sans relâche les marches et les manifestations. Je sais qu’ils veulent m’abattre. Je me sens prêt à faire ce sacrifice. Je serai toujours devant eux, ils ne réussiront pas à m’intimider. Ce ne sont pas les gaz lacrymogènes et les tueries de ce genre qui intimident les responsables que nous sommes. Si on voulait se laisser impressionner par leurs manœuvres de force, il y a longtemps qu’on aurait arrêté », a-t-il dit à l’endroit du gouvernement en place.

Depuis la proclamation des résultats de la présidentielle par la Cour Constitutionnelle, donnant la victoire à Faure Gnassingbé, candidat du RPT, Jean-Pierre Fabre candidat de l’UFC soutenu par le FRAC, vainqueur présumé selon le Front, est à la tête d’une contestation postélectorale jamais vécue au Togo. En dépit du départ d’une fraction de son parti UFC au gouvernement, la division politique du parti en deux courants et la tenue de deux congrès différents, Jean-Pierre Fabre n’a de cesse de porter la contestation dans la rue. Le pouvoir qui soutient visiblement Gilchrist Olympio et la fraction des Amis de Gilchrist Olympio, entretient une sourde opposition avec la tendance de Jean-Pierre Fabre. Répressions sauvages des manifestations, interdictions et empêchements des manifestations, et des déplacements des leaders de l’UFC pro Fabre à l’intérieur du pays, empêchements des veillées de prières, sont les armes utilisées par le pouvoir pour dissuader son nouvel ennemi. Mais celui qui apparaît désormais comme le nouveau leader de l’opposition maintient le cap de la contestation.

En attendant, la crise postélectorale se déroule sur fond d’une grisaille sociale sans nom et d’un pays qui inexorablement se dégrade sur tous les plans.

( www.mo5togo.com )

Rapport ONU/RDC : “malveillant, choquant et ridicule” ..

selon le Rwanda

malveillant, choquant et ridicule


Le rapport du Haut commissariat des Nations Unies accusant le Rwanda de crimes en République démocratique du Congo de 1996 à 1998 est “malveillant, choquant et ridicule” a affirmé vendredi le gouvernement rwandais.


Ce rapport publié jeudi par le journal français Le Monde et par la BBC, avant sa version finale, détaille les massacres, viols et pillages commis par des militaires de plusieurs pays et notamment du Rwanda au cours des deux guerres qui se sont déroulées au Congo.    Dans un communiqué transmis sur le site de l’agence rwandaise de presse le gouvernement accuse les Nations unies d’avoir laissé publier ce rapport afin de détourner l’attention d’une série de viols commis par les rebelles à proximité d’un camp de casques bleus dans l’est de la RDC.


“Le gouvernement du Rwanda estime que ce projet divulgué est malveillant, choquant et ridicule” dit un communiqué. “Le moment de la publication de ce rapport est très révélateur” affirme le texte de Ben Rutsinga, membre du bureau du porte-parole du gouvernement. Selon lui “il semble que les Nations unies tente de détourner l’attention internationale de sa dernière faute dans la région des Grands Lacs où récemment des centaines de congolaises ont été violées sous le regard des forces de maintien de la paix”.


“Il est immoral et inacceptable que les Nations unies, une organisation qui a échoué dans sa mission d’éviter le génocide au Rwanda et les crises qui ont suivi pour les réfugiés, causes directes des souffrances endurées par le Congo et le Rwanda, accuse maintenant l’armée qui a mis un terme au génocide d’avoir commis des atrocités en RDC”, poursuit le communiqué.


Le rapport du Haut commissariat de l’Onu aux droits de l’homme est qualifié dans ce communiqué de “document dangereux et irresponsable (…) qui ne peut qu’amener l’instabilité dans la région des Grands Lacs et saper les efforts de stabilisation en cours, particulièrement alors alors que des progrès sans précédents ont été réalisés pour l’établissement de la paix, de la sécurité et la collaboration économique”. Le Rwanda a récemment établi des relations étroites avec la RDC.


Selon Rutsinga le fait que les enquêteurs de Nations unies n’aient pas rencontré (de représentant du) Rwanda “même si ils ont trouvé le temps de rencontrer 200 représentants d’ONG est choquant et montre un mépris pour toute honnêteté”. Selon lui ce rapport est basé sur une méthodologie contestable, avec des éléments de preuves très faibles”.


IZF

Situation de la violence en RDC

La Commission européenne “indignée et consternée” contre le regain de violences dans l’est de la RDCongo

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Le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Mme Catherine Ashton, et le Commissaire UE pour le développement Andris Piebalgs ont exprimé, vendredi dans une déclaration conjointe, leur “profonde indignation et consternation” suite aux attaques et aux viols de masse perpétrés récemment par les rebelles FDLR – Forces démocratiques de libération du Rwanda – et les groupes armés congolais alliés dans la province du Nord Kivu, est de la RDCongo.


Ces événements mettent une fois de plus en évidence une stratégie caractérisée par une méthode criminelle systématisée et l’utilisation des violences sexuelles comme véritables armes de guerre, ont dénoncé les dirigeants européens.


Mme Ashton, la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la sécurité ainsi que la première vice-présidente de la Commission européenne, et M. Piebalgs ont demandé à Kinshasa de déployer tous ses efforts pour assurer la protection des populations et la fin de l’impunité, comme il s’y était engagé via l’adoption de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre adoptée en novembre dernier.


“Ces crimes contre les populations, dont les femmes et les enfants sont de manière délibérée les premières victimes rendent nécessaire l’accélération de l’engagement de la communauté internationale et de la MONUSCO (Mission des nations Unies pour la stabilisation du Congo) en particulier auprès des autorités congolaises afin de poursuivre la consolidation de l’autorité de l’Etat et notamment de la sécurité dans la région”, ont-ils indiqué.


Mme Ashton et M. Piebalgs ont salué à cette occasion la décision du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, d’enquêter sur ces faits, ainsi que l’importance du mandat de la Représentante spéciale pour la violence sexuelle dans les conflits armés, Mme Wallström.


Au moins 154 civils ont été violés dans 13 villages le long d’une portion de route de 21 kilomètres du territoire de Banamukira, entre le 30 juillet et le 2 août. Les assaillants ont bloqué la route et empêché les villageois d’atteindre les communications extérieures pour demander de l’aide. De nombreuses maisons ont également été pillées, selon l’ONU.


Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé jeudi “leur indignation” face à ces crimes.

La RDC n’est pas “la capitale du viol” (porte-parole du gouvernement)

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Le ministre de la Communication et des médias et porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), Lambert Mende Omalanga , a déclaré vendredi que la RDC est loin d’être, en matière de viols, le cas très spécial que certains s’évertuent à stigmatiser en la présentant comme “la capitale mondiale du viol”.




M. Mende, réagissait au cours d’un point de presse qu’il a tenu jeudi à Kinshasa, à un reportage Ipad réalisé par France 24 sous le titre “Congo : la paix violée” et qui a dépeint la RDC notamment comme “la capitale mondiale du viol”.



Il a invité les auteurs du reportage Zoé Lamazou et Sarah Leduc de France 24 à un effort d’objectivité, car, a-t-il noté, 4.956 viols répertoriés pour 2010 représentent 13 cas par jour contre 42 dans la pénultième situation, soit une réduction de quelques 70%. Ce qui est un taux presque identique à celui de la France qui alignait 4.412 cas de viols avérés, soit 12 cas par jour répertoriés par le ministère français de l’Intérieur alors que ce pays était encore plus peuplé que la RDC.



Pour M. Mende, le gouvernement congolais reste très déterminé à combattre et éradiquer toutes les violences sexuelles et apprécie tout apport visant à soutenir la RDC dans ce combat pourvu qu’il demeure sincère et bienveillant dans sa finalité comme dans son opérationnalisation.



Les auteurs, Zoé Lamazou et Sarah Leduc, justifient cette formule par un rapport du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés qui aurait relevé qu’au premier trimestre 2010, 1.244 femmes congolaises avaient rapporté à l’ONU avoir été violées.

Revue de presse du 23 aout

RP2308

(05:01)



Avec tout d’abord, une présidentielle à la sauce guinéenne… Le Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, a mis un peu de piment dans la précampagne, à moins d’un mois maintenant du deuxième tour de scrutin. Il souhaite associer à l’organisation de ce second tour le Matap, le ministère de l’Administration territoriale, à la CENI, la Commission électorale. Objectif annoncé : une meilleure transparence du scrutin…
Mais cette volonté de changer les règles du jeu n’est pas du tout du goût du Conseil national de transition, d’une grande partie de la classe politique guinéenne, de la société civile et des médias… Une véritable levée de bouclier. Le site d’information Aminatadénonce « la folie des grandeurs » de Jean-Marie Doré qui « s’attribue, dit-il, des compétences qu’il n’a pas. Celui qui est censé respecter et faire respecter la constitution la viole », estime encore Aminata.


Pour GuinéeNews , autre site d’information, « le Premier ministre n’en finit pas avec ses agissements qui n’ont comme dessein inavoué que de torpiller la transition politique en cours en Guinée. Les propos et manœuvres de Jean-Marie Doré compromettent dangereusement la poursuite de la transition et inquiètent plus d’un Guinéen », affirme encore Guinéenews.

Jean-Marie Doré s’explique

Alors l’intéressé s’explique et se défend. C’était dimanche soir à la télévision guinéenne. « Durant une vingtaine de minutes, le Premier ministre s’est évertué, en invité spécial de la RTG, à convaincre ses concitoyens », relate le site Guinée Conakry Infos. Le site rapporte les propos de Jean-Marie Doré : « Nous sommes en train de prendre toutes les dispositions pour que tout ce qui a fait défaut au premier tour puisse être rattrapé,a-t-il dit, afin que le futur président puisse être élu dans des conditions incontestables. La main sur le cœur,poursuit Guinée Conakry Infos, il confie que son gouvernement et lui-même sont prêts à partir dès le lendemain des élections (…) Il reste droit dans ses bottes, convaincu d’avoir raison. (…) Incompris, attaqué de toutes parts, Jean-Marie Doré s’étonne, relate encore le site :’ vous comprenez, je suis le premier surpris de tout ce hululement qu’on entend dans la cité, affirme le Premier ministre… Nous ne voulons pas qu’au soir de la proclamation des résultats, un des candidats puisse nous accuser d’être la cause de son échec’. »
Voilà donc pour les explications de Jean-Marie Doré. On attend maintenant les réactions de la classe politique, de la société civile, des médias…


Les nerfs commencent à lâcher…

En attendant, un coup d’œil sur la presse de la sous-région qui s’interroge également : « quelle mouche a piqué Jean-Marie Doré ? », se demande Fasozine au Burkina. « Ce qui gêne et trouble ici, c’est que cette’proposition’ intervienne en pleine mi-temps prolongée, c’est-à-dire en cours de jeu. Au moment même où l’on surveille le processus électoral guinéen comme du lait sur le feu, s’exclame Fasozine, afin que cette première consultation censée être véritablement démocratique permette de sortir de la crise dans laquelle le pays est plongé depuis l’année dernière. »

Etonnement aussi pour Le Républicain au Mali : « le Premier ministre guinéen (…) ne pouvait ignorer que cette exigence renouvelée entre les deux tours allait créer de l’émoi. De surcroît, dans le contexte de fortes suspicions et d’injures infâmantes auxquelles personne n’échappe. (…) Conséquence de ce feuilleton à rebondissements qui fait saluer la démocratie guinéenne le matin et la vouer aux gémonies le soir, les nerfs commencent à lâcher », estime Le Républicain.

Déjà 2015 !

Et maintenant, une présidentielle à la sauce burkinabé…
Le chef Compaoré veut rester en cuisine. Un chef que les burkinabé apprécient ou détestent depuis maintenant 23 ans… Blaise Compaoré brigue donc un nouveau mandat en novembre prochain, c’est désormais officiel. « Une investiture, mille interrogations »,titreLe Pays qui se projette déjà dans cinq ans. « Si elle ne surprend pas, écrit-il, cette investiture relance le débat sur l’éventualité de voir le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès, réviser l’article 37 de la Constitution. Cela, afin de permettre au chef de l’Etat, de se succéder à lui-même en 2015. »

Et en effet, tous les regards sont tournés vers cette échéance de 2015… Car, comme l’explique L’Observateur, « le scrutin présidentiel du 21 novembre prochain ne sera qu’une simple formalité. Pour tout un chacun, il est plié. La seule inconnue de cette élection, c’est le taux de participation et le score du président, qui aimerait remporter largement la partie pour montrer aux yeux du monde qu’il est aimé de son peuple. »

Alors, 2015, véritable enjeu : « les velléités de tripatouillage constitutionnel ne font plus l’ombre d’aucun doute dans notre pays,affirme L’Observateur, pour permettre au président Compaoré de rester au pouvoir ad vitam æternam. » Et le quotidien burkinabè de s’interroger : « va-t-il céder aux chants incessants et insistants de ses partisans et autres courtisans, ou va-t-il écouter la voix de la raison pour ‘quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent’, comme disait avec un brin de réalisme et de sagesse, le général De Gaulle ? »

RFI

Les députés réclamant la destitution de Yayi

Le président béninois, Thomas Yayi Boni.


Une majorité de députés du Bénin qui avaient vu leur pétition, demandant une mise en accusation du président Boni Yayi pour son rôle présumé dans une escroquerie financière,  rejetée pour vice de forme, sont revenus à la charge. Ils ont déposé à l’Assemblée cette même requête, mais sous forme de proposition de résolution. Le texte a été transmis à la commission des lois qui doit l’étudier avant de le soumettre aux débats des députés.


Après une première tentative ratée, la requête des députés de l’opposition a fini par passer sous la forme d’une résolution. La demande de poursuite du chef de l’Etat devant la Haute cour de justice compte désormais parmi les dossiers du Parlement. Après un long chômage, la Haute cour de justice pourrait accueillir prochainement quelques clients. Encore faudrait-il que les longues procédures entre le Parlement et la chambre d’accusation arrivent à terme.


Pour l’heure, la résolution affectée à la commission des lois fera l’objet d’un rapport à soumette à l’ensemble des députés qui décideront de la mise sur pied ou non d’une commission d’enquête.


Les auteurs de la résolution accusent Boni Yayi d’avoir violé l’article 145 de la Constitution en ratifiant des accords de prêt par ordonnance et d’avoir laissé ICC Services conduire des milliers de familles béninoises à la ruine.

Interview d’Alphonse Lawson-Hellu:”Le FRAC a réussi à guérir la population des traumatismes de 2005″

Lawson-Hellu Alphonse ancien président du Conseil des Etudiants de l’Université du Bénin (CEUB), devenu aujourd’hui après une réforme en 2001 Université de Lomé, a accordé une interview à la rédaction du mo5-togo.com dans laquelle il passe en revue l’actualité politique de ces derniers temps.

Il a remercié ces prédécesseurs du CEUB et les étudiants pour leur mobilisation et
d’avoir résisté à la répression. M. Lawson est revenu sur sa participation à la
campagne présidentielle du 04 mars 2010 au côté du FRAC .Il évoque l’expérience
qu’il en a tirée, invite la jeunesse togolaise à saisir sa chance et à prendre
en main son destin. Il regrette la division de la diaspora, trouve que le moment
choisi par Gilchrist Olympio pour s’allier au RPT est un mauvais moment. Enfin
il a rappelé que l’armée n’est pas l’apanage des problèmes du Togo.

Lisez l’intégralité de l’interview:

Mo5-togo.com : Monsieur LAWSON-HELLU bonjour ! Vous êtes l’une des références de la jeunesse togolaise surtout celle estudiantine. Vous êtes un ancien président du CEUB. C’est vous qui avez pris l’initiative de sortir cette
organisation à la place publique pour donner la parole aux étudiants. Qu’avez-  vous ressenti lorsque Eyadema avait décapité complètement ce mouvement ?


Lawson-Hellu : Je voudrais tout d’abord remercier le Mo5, notre organisation, pour l’opportunité qui m’a été offerte de m’exprimer sur le plateau de son site internet. Ensuite, saluer le travail phénoménal d’information et de formation que l’organisation
abat chaque jour pour garder le flambeau de la lutte allumée. Enfin pour revenir
à votre question, je dois d’entrée de jeu affirmer que la réussite du CEUB est
le fruit d’un travail méthodique d’équipe de délégués des écoles et facultés
de l’université de Lomé et de la mobilisation sans précédent de l’ensemble du
corps étudiant déterminé à lutter pour l’amélioration de leurs conditions de
travail et d’étude. L’initiative de rendre au CEUB, ses lettres de noblesse en
le transformant en une organisation estudiantine puissante de conquête de
liberté et de justice sociale n’a été possible que grâce au travail de mes
prédécesseurs à qui je tiens à rendre un hommage mérité. Je pense entre autres
à Koudoh Vincent, Antoine Kofi Nadjombé, Moussa Issifou, Aka Kodjo et plus
particulièrement à Sanny Akobi.
Lors de ma présidence, le CEUB a atteint une capacité de mobilisation et
d’action qui faisait trembler le Gal Eyadéma. Lorsque nous prenions la rue
lors de nos mouvements de protestation, le cortège d’Éyadéma changeait de
direction face à la densité de la foule. Il a cherché dans un premier temps à
négocier avec nous en nous invitant à le rencontrer à trois reprises. Face à
l’échec de ces négociations et surtout notre détermination à défendre avec
honneur et dignité la cause estudiantine, le président défunt avait opté pour la
voie de la répression. J’ai été incarcéré à la prison civile de Lomé en
compagnie de 5 de mes collaborateurs (Charles Lamboni Lorimpo, Karimou
Sourajou Babatoundé, Akakpo Justin et Komi Segbeaya).Nous avions eu la vie
sauve que grâce à la mobilisation sans précédent de la population et
particulièrement les étudiants et les élèves des lycées et collèges. Nous avions
été condamnés à15 mois d’emprisonnement avec sursis. À notre libération de
prison, nous avions réaffirmé notre foi confiance dans la lutte et dans les
principes et valeurs qui guidaient notre action. Nous avions été plus déterminés
que jamais. Menaces de mort, tentative d’assassinat, second mandat d’arrêt…etc
ont jalonnés notre parcours mais n’ont pas eu raison de notre détermination. Il
était évident que le régime de dictature voudrait décapiter le mouvement car
le CEUB n’était plus un simple mouvement étudiant de revendication
corporative. Il est devenu une organisation solide qui présentait des enjeux
politiques et sociaux importants. Le régime du dictateur défunt a saisi le
moment de la fin de mon mandat et de mon départ pour semer la division au
sein du mouvement en vue de l’affaiblir. La succession a été rendue difficile et
les exigences du poste étaient élevées. Je salue ici le courage de Lamboni
Lorimpo et de son équipe ainsi que les équipes successives à la tête du CEUB
qui ont essayé de donner le meilleur d’eux –mêmes au prix de milles
sacrifices. Je souligne particulièrement le sacrifice de Kpelafia Koumoyi ,
d’Hanif Tchadjobo qui ont passé plus de trois (3) mois à la prison civile de
Lomé.
Je retiens de cette épopée, moins la volonté violente d’Éyadéma de décapiter le
mouvement estudiantin que la détermination et la bravoure des camarades
étudiants à y résister. De cette résistance est née une génération de jeunes
Togolais et Togolaises formée et capable d’assurer la relève politique future
du Togo.


Mo5-togo.com : Pendant votre présidence du CEUB, vous avez rencontré certains leaders politiques et syndicaux pour solliciter auprès d’eux leur soutien  politique et moral. Parmi ceux que vous avez côtoyés y- a -t-il certains que vous  avez appréciés et qui vous inspirent ?

Lawson-Hellu : Le CEUB, en un moment donné, a pris des proportions
extraordinaires à l’instar de la FESCI en Côte D’Ivoire avec laquelle nous
avions des contacts à l’époque. Rappelez –vous de la déclaration hallucinante
de Gal Walla, ministre de l’intérieur, à la télévision nationale (T.V.T)
m’accusant de fomenter un coup d’État contre le régime d’Éyadéma avec la
complicité extérieure de Guillaume Soro, ancien président de la FESCI
(Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) , actuel Premier ministre
de Côte d’Ivoire et Robert Ménard , l’ex responsable de Reporter Sans
Frontière. Je reviendrai un jour sur les détails de cette affaire dans un
bouquin.
Les leaders politiques togolais ont très vite pris la mesure des choses et nous
ont ouverts leurs portes. Bien que nous tenions à notre indépendance, nous
avions eu une collaboration fructueuse avec plus d’un. Nous avions été beaucoup
marqués par le Professeur Gnininvi, un humaniste, homme de conviction, de
franchise et d’action, pragmatique et méthodique. Nous avions très vite
fraternisé avec Jean-Pierre Fabre. Son énergie, son courage, sa franchise, ses
convictions et sa fougue de jeunesse nous ont toujours séduits. Nous constatons
aujourd’hui que nous ne nous sommes pas trompés sur sa personne. En un moment
donné de notre collaboration, il fallait prendre d’importantes décisions pour
passer à l’action.

J’ai encore en mémoire l’expédition secrète que Fabre a organisée avec
Patrick Lawson pour nous amener à rencontrer Mr Gilchrist Olympio à Accra Au
Ghana. Replaçons les choses dans leur contexte historique. C’était émouvant et
pathétique d’avoir une séance de travail avec le fils du père de l’indépendance,
l’opposant charismatique et historique au régime despotique d’Éyadema. Même si
au sortir de cette rencontre mémorable, nous étions en désaccord avec lui sur le
fond de la stratégie avec laquelle nous devions mener le combat sur le terrain,
peut-être une prémonition, nous avions gardé quand même une bonne impression de
l’homme.
En dehors de ces figures marquantes de la vie politique, je ne saurais passer
sous silence Claude Améganvi et Norbert Gbikpi Benissan. Le premier est un
organisateur de manif sans pareil, un vrai bosseur, un homme de talent, un
touche à tout : des pancartes de manifestation jusqu’au journal. Le second est
l’un des plus grands syndicalistes que le Togo ait connu. Un homme de culture
avec une maîtrise parfaite de la rhétorique dialectique. Un vrai patriote. À un
moment donné de la lutte, nous avions réalisé une union sacrée avec la
fédération des syndicats d’enseignants pour galvaniser la lutte sur le plan
national. Le mouvement de grève générale et les marches de protestation qui en
ont suivi ont coûté la prison aux deux responsables syndicaux Norbert Gbipki
Benissan et Allagah Odegui (paix à son âme) secrétaires généraux de la
FETRAN/USIT. Déjà sous le coup d’une condamnation de 15 mois d’emprisonnement avec sursis, j’ai eu la baraka d’échapper à ce deuxième mandat d’arrêt, puisque le document servant de prétexte à leur incarcération portait aussi ma
signature.
Je n’oublierai pas Me Yawovi Agboyibor, Sa connaissance et sa pratique du droit,
doublée de son engagement pour un Togo démocratique nous ont positivement
marqués.
En ma qualité de leader étudiant, j’ai eu la chance de côtoyer beaucoup d’hommes
politiques togolais d’horizons divers et quelques figures du monde militaire et
de la gendarmerie.

J’ai beaucoup appris du sérail politique, approfondi ma connaissance des tenants
et aboutissants du dossier togolais. Je préfère m’appesantir sur la qualité des
hommes qui m’ont inspiré que de retenir leurs erreurs et leur faiblesse. De
toute façon, nous devons apprendre de leurs erreurs pour être mieux qu’eux à
l’heure de la relève. Celle-ci sonne déjà à tout point de vue.


Mo5-togo.com : Lors de l’élection présidentielle du 04 mars 2010, vous avez
effectué un voyage au Togo où vous avez pris part à la campagne aux côtés du FRAC. Vous qui avez pris part à toutes les étapes de cette campagne et observé la ferveur et l’enthousiasme des populations. Etes-vous surpris des résultats qui donnent Faure vainqueur avec 60,88% de voix devant Jean-Pierre Fabre ?

Lawson-Hellu : Vous savez que dès le lendemain de mon retour au Togo, après 10
ans d’exil, j’ai eu un tête à tête avec Jean-Pierre Fabre. A la suite de notre
rencontre, il m’a fait l’honneur de m’intégrer dans la commission de
communication de la campagne présidentielle du FRAC sous la houlette d’Éric
Dupuis, un grand combattant et un bosseur. Je me suis mis au travail et
embarqué avec le cortège de campagne et nous avons fait le tour du Togo,
parcouru les coins et recoins de la Terre de nos Aïeux: Cinkassé, Dapaong,
Guéré Kounka ,Manga, Mango, Nano, Sokodé , Bafilo, Bassar, Kanté, Niamtougou,
Kara, Sotoboua, Anié, Atakpamé, Kpalime, Agou, Badou, ,Danyi, Agou , Tsévié,
Vogan , Aného , Anfoin , Aklakou, Tabligbo, Lomé…. La liste est longue. J’ai été
sidéré partout où nous sommes passés par l’enthousiasme, la joie, et l’accueil
chaleureux et militant réservé à Jean-Pierre Fabre et à la délégation du FRAC.
Le rejet et le ras le bol des populations pour le régime Eyadema père et fils
est total. C’est tout simplement phénoménal. Nous avons vu des scènes
indescriptibles d’adhésion au changement ; le détia, symbole mythique du
changement et de l’UFC, a été agité partout, même dans les coins les plus
reculés du pays. Lors de la traversée des villages, je voyais des femmes, des
hommes, des personées âgées et des enfants sortir spontanément agir le palmier
ou des les signes de changement. Le cortège se voit parfois bloquer pour forcer
Jean-Pierre à descendre pour dire un mot. Lorsque ce dernier levait le bras en
signe de victoire, la foule devenait frénétique. C’était hallucinant !
Cet enthousiasme de joie et d’espoir contraste éperdument avec la misère et la
déconfiture avancée du pays : infrastructure inexistante, réseau routier dans un
état de délabrement avancé, des trous béants font le lit des routes
poussiéreuses où des pans de goudrons ont disparus depuis belles lurettes.
Manque cruelle d’eau, d’électricité, de structures sanitaires et d’hygiènes. Les
écoles s’abritent sous des hangars couverts de pailles sans bancs ni tables.
J’ai eu l’impression que depuis le départ officiel des colons, le pays est
laissé à l’abandon. Tellement le panorama est chaotique. Le comble du malheur
est de voir aux coins des rues calamiteuses, des enseignes luxueuses,
lumineuses montrant fièrement les posters géants de Faure Gnassingbe arborant
des slogans grotesques qui le désignent comme l’homme providentiel, l’homme
nouveau, la force de l’avenir. Vous conviendrez avec moi que les togolais ne
sont pas dupes pour mordre à l’appât de celui qui veut se distancier de
l’héritage politique de son père et des vestiges du parti inique, le RPT et se
présenter sous l’image de l’homme nouveau.
Il est donc évident que face à l’état chaotique et misérable du pays , la
tentative de communication politique de ravalement de façade à coup des
centaines de millions du contribuable togolais qui présente Faure Gnassingbé
sous le signe de l’homme nouveau et providentiel au cours de la campagne
présidentielle ne pouvait convaincre les Togolais de voter majoritairement pour
lui.

Après le vote le 4 mars 2010, j’ai rejoins de part mes compétences, la
commission informatique basée à Tokoin Césale qui était sensée traiter les données
du vote du FRAC. Les données des procès verbaux provenant des bureaux de vote,
me permettent de rejeter en bloc les chiffres fallacieux et préfabriqués
donnant Faure vainqueur avec 60,88%. J’affirme sur les bases des chiffres
authentiques de la commission informatique que Jean –Pierre Fabre a recueilli
une moyenne qui se situe entre 75 et 80% des voix. Il a donc remporté haut les
mains l’élection présidentielle du 04 mars.

J’avoue qu’il a eu des anomalies graves dans certaines préfectures. Par exemple
dans certains bureaux de vote notamment dans la préfecture de la Kozah, on a
relevé dans un bureau de vote 500 inscrits pour 900 votants. Le logiciel ne
pouvait pas prendre les comptes ces données. Par ailleurs à Blitta,EPP Centrale,
les délégués de l’UFC ont été chassés ensemble avec les observateurs des bureaux
de vote. Nous avons également relevé, un vote massif de mineurs, tout comme un
nombre anormalement élevé de votes par procuration. Nous étions en train
d’analyser et de traiter les cas litigieux quand les éléments de Yark ont
encerclés les lieux, arrêté les collègues de la commission et emporté les
ordinateurs et tout le matériel. J’ai pris les dispositions nécessaires pour
passer dans les mailles du filet et sauver ce que nous pouvions sauver grâce à
DIEU.

Ce débarquement policier brutal et illégal est la troisième preuve qui vient
compléter à suffisance celles déjà développées qui établissent clairement que
Faure n’a pas gagné les élections présidentielles du 4 mars.
Faure Eyadema est conscient qu’il n’a pas gagné les élections du 04 mars 2010.
Il sait mieux que quiconque qu’il ne mérite nullement son poste et qu’il se
maintient au pouvoir par la fraude, le mensonge, la violence et le viol
systématique de la constitution, des lois et des institutions qui régissent le
pays. Rappelez –vous les conditions rocambolesques, odieuses et iniques dans
lesquelles il s’est accaparé du pouvoir à la mort de son père, Eyadema
Gnassingbé, l’un des dernières espèces de dictateurs les plus féroces que
l’Afrique dite indépendante ait connues. Faure Eyadema est le fils de son père.
Triple coup d’État : constitutionnel, militaire et législatif. Face la
résistance héroïque du peuple togolais, il n’hésita pas à marcher sur leurs
corps (plus de 500 selon l’ONU, plus de 1000 selon les organisations des droits
de l’homme) et à naviguer dans leur sang pour s’accaparer du pouvoir. Un tel
personnage ne peut jamais se plier au verdict des urnes. Sa conception du
pouvoir n’est ni théocratique, ni démocratique, encore moins oligarchique. Elle
est eyadémanique c’est à un legs d’Eyadema, une propriété privée de celui-ci à
lui transmise. La légitimité du pourvoir, il la tient d’Eyadema. Par conséquent,
il n’a de compte constitutionnel, ni institutionnel, ni législatif, ni comptable
à rendre aux togolais. L’Éyadémanie est un pouvoir despotique d’Eyadema pour
Eyadema et par Eyadema (père, fils ou petit-fils…) avec le concours militaire
et civil des réseaux mafieux en vue de siphonner à fond les ressources du Togo,
devenu par ailleurs terre prébendière et expérimentale, où les togolais sont
tenus en laisse par la servitude, le déni du droit et la misère. Seule la
force d’une révolte révolutionnaire implacable peut mettre fin à l’Éyadémanie
et libérer le peuple togolais. Il nous appartient de nous organiser en
conséquence.

Mo5-togo.com : Vous qui avez assisté à tous les meetings de campagne du Frac,  selon vous les responsables du Frac sont-ils en train de tenir, après la proclamation des résultats, leur promesse d’arracher le pouvoir au cas où le régime en place  fraudait ?

Lawson-Hellu : Je crois qu’il faut féliciter les dirigeants du FRAC.L’irruption
imprévisible du FRAC a mis à mal le plan diabolique de la mise en commun des
intérêts de nos vieux politicards avec Faure Gnassingbé dans un mariage
incestueux. L’élection du 4 mars devait servir de parodie, de ‘ cache sexe
malodorant’ selon l’expression d’Apédoh Amah pour cacher le plan machiavélique
orchestré contre le peuple togolais en lutte pour sa libération.
La composition du FRAC est une équipe de rêve qui a défié les vieux préjugés et
mensonges sur lesquels le RPT a établi son fonds de commerce politique.
Le FRAC a réussi une remobilisation incroyable de la population qui avait perdu
confiance en ses leaders politiques à cause des turpitudes et les trahisons de
ces derniers.
Le FRAC a réussi la transition entre la vielle garde de leaders les prétendants
au nouveau leadership de l’opposition. Au-delà du leadership, c’est toute la
méthodologie de lutte qui est en train d’être repensée.

Le FRAC a réussi à guérir la population des traumatismes de 2005 en donnant
encore envie de rêver et d’espérer. N’oubliez pas que Faure et ses hommes armées
ont violé, tué, blessé, traumatisé et envoyé en exil des milliers de nos
compatriotes. Le but était d’imposer Faure comme le président à vie du Togo,
mais aussi de tuer dans l’âme des Togolais toute velléité de contestation et de
lutte politique. Il est donc évident que le FRAC et son président élu Jean
Pierre Fabre ont mis en échec le plan destructeur et diabolique d’asservissement du
peuple togolais.
Le FRAC démontre chaque samedi que Faure Gnassingbé ne dispose d’aucune
légitimité.
Le monde entier sait que le peuple togolais est remobilisé pour l’alternance
et la démocratie grâce à Jean-Pierre Fabre ; Patrick Lawson, le métronome et
l’organisateur ; Boko ; Koffi Yamgnane ; Aimé Gogué ; Dahuku Péré ; Abi
Tchessa et à tous les acteurs de la campagne du FRAC-UFC.
Cette première étape qui est absolument nécessaire est la première partie d’une
stratégie de conquête du pouvoir, bien huilée à trois niveaux.
Soyons patients et soutenons le FRAC qui va bientôt déclencher la
deuxième phase qui sera la plus décisive. Cette deuxième phase commande
aux leaders du FRAC de rester disciplinés et surtout de ne pas confondre la
lutte du peuple togolais avec l’agenda de leur propre ambition personnelle.
Toute divagation ou erreur de ce genre les ferrait subir le même sort que les
vieux lions qui confondent gencives et dents et qui non seulement refusent
leur retraite politique mais surtout veulent ramener la lutte d’un peuple à
leur espérance de vie en oubliant que ‘les hommes passent, le pays reste’.



Mo5-togo.com : Que dire de l’itinéraire tout tracé des marches ?

Lawson-Hellu : La remobilisation est capitale avant toute action d’envergure. Comme le dit si bien Karl Marx :<< il faut chanter au peuple
pétrifié, sa propre chanson pour le mettre en mouvement. >> . Ou encore << il
faut rendre l’oppression plus oppressive en ajoutant à l’oppression la
conscience de l’oppression>>
C’est de l’échauffement avant le match et le tempo est stratégique.


Mo5-togo.com : Après tout ce sacrifice que vous avez consenti et après votre
retour au Canada, aviez-vous espéré du FRAC votre désignation comme Représentant du FRAC en Amérique du Nord ?

Lawson-Hellu : On pourrait logiquement interroger les critères de choix des
représentants du FRAC à l’extérieur mais vous savez je suis un homme d’action et
de terrain. Je n’aime pas m’affubler de titre. Je suis descendu au Togo malgré
les conditions d’insécurité pour me battre aux cotés du peuple togolais pour
l’alternance et appuyer la jeune garde incarnée par le charismatique patriote
Jean-Pierre Fabre. Je me bats pour le pays et je ne demande aucune
reconnaissance. Mon séjour au TOGO a été une très bonne expérience formatrice
qui m’a permis de mieux m’imprégner de la triste réalité de mon pays.
L’éloignement peut parfois influencer votre grille d’analyse et d’appréciation
des réalités socio politiques et in fine les stratégies méthodologiques de
lutte. Vous avez besoin de les confronter à la dure réalité du terrain pour
rester objectif, efficace, cohérent et pragmatique.
Je précise à toutes fins utiles que ceux qui ont été choisis sont des patriotes
proches de moi et nous travaillons en parfaite symbiose. Je les appuie dans
l’exercice de leur mission.


Mo5-togo.com : Avant d’aller au Togo, vous aviez déjà en avril 2009 effectué un  voyage en France à Lyon. Pouvez-vous nous dire en quoi a constitué ce voyage ?


Lawson-Héllu : J’ai été invité par le Collectif des Togolais de Rhône–Alpes
(CTRA) pour animer une conférence sur le Togo dans le cadre des festivités
devant marquer le 49 e anniversaire de l’indépendance du Togo. J’ai partagé le
panel avec le professeur Aimé Gogué. J’ai proposé aux Togolais de Lyon les
grands axes de mes réflexions sur le TOGO que j’ai consignées dans un document
intitulé : Togo Nouveau. Face à l’échec cuisant de 50 ans d’indépendance des
pays africains en général et le Togo en particulier, il s’agit de proposer un
nouveau paradigme de refondation de l’État et de la nation togolaise qui procède
d’une pensée nouvelle basée sur un idéal théorico-pratique raisonnable. Les
éléments conceptuels de cet idéal doivent fonder en raison l’impératif moral,
s’orienter vers le modernisme humanisant et s’enraciner dans un discours
argumenté et rationnel qui recherche le consensus dans < l’agir
communicationnel>, un dialogue démocratique fécond. Piloter le changement, c’est
d’abord et avant tout la réforme du système dominant de pensées. Le doute
axiologique est un puissant vecteur de ma démarche. J’ai prédis et encouragé la
montée en force de la jeune génération avec en relief, le flambeau de la
déconstruction pour mettre fin aux illusions, aux utopies avortées, aux
prestidigitations, aux mensonges et autres fétichismes pour mieux jeter les
fondements objectifs et critiques en vue de
libérer l’avenir. Le Togo nation doit se réinventer, se refonder dans la
redéfinition des modalités de son vivre ensemble (solidarité, liberté et
égalité) et dans les schèmes de sa culture riche et diversifiée au sens de
dégager une résultante identitaire, historique et patrimoniale dont la navette
véhiculaire serait propulsée par l’appropriation de notre propre langue. Son
rapport à l’avenir s’appuierait beaucoup moins sur l’espérance que sur la
volonté, c’est-à-dire un gai désespoir selon le mot de André-Compte
Sponville à l’instar du gai svoir de Nietzche. La nation togolaise
retrouverait ainsi ses repères et cristalliserait ses forces et croyances dans
ses propres codes, sa mythologie, sa propre symbolique et ses héros. C’est la
condition sine qua none du capital social revisité sur lequel nous pouvons
assoir une idée nationale en vue de relever le défi collectif de réaliser de
grand-chose ensemble notamment le développement et le bien-être de la nation
togolaise. La question de développement doit être abordée dans une perspective
holiste, en intégrant le cadre des ‘grands blocs’ du continent (selon
l’expression de Cheick Anta Diop); et en dissolvant les limites artificielles
héritées de la colonisation imposées au peuple africain dont le but est de le
maintenir sous les verrous de la domination et de l’exploitation ad vitam
æternam.
Le débat et les échanges ont été très fructueux. Il faut rappeler que la ville
de Lyon a cette particularité d’abriter des grands noms qui ont marqué le mouvement
étudiant des années 90.D’autres de l’Europe et du Canada nous ont rejoints.
Nous avons profité pour nous réunir en conclave. Et sur proposition de Tanti
kpodar, femme de courage et de détermination,; une équipe élargie de travail
s’est formée autour du document TOGO nouveau pour l’approfondir et l’enrichir.
De ces travaux, est né un mouvement dénommé : Mouvement pour un TOGO Nouveau
(MTN) dont l’objectif est de proposer une alternative crédible pour le Togo et
les Togolais. Rappelons que le MTN s’est battu sur le terrain aux cotés de
Jean-Pierre Fabre, du FRAC-UFC et avec le peuple togolais pour l’alternance
démocratique lors de la campagne présidentielle du 04 mars 2010.Ses membres
fondateurs sont très actifs dans la diaspora et certains représentent le FRAC au
Canada et aux USA. Le mouvement de relève se met donc progressivement en place
comme vous pouvez le constater.

Mo5-togo.com : Selon vous, la diaspora togolaise est-elle organisée ? Quel rôle  peut-elle jouer dans l’alternance et l’instauration de la démocratie au Togo ?

Lawson-Hellu : J’ai tout lieu de penser que lorsqu’on veut reconnaître l’unité
de la diaspora togolaise, elle se morcelle. Lorsqu’on veut interroger sa
pluralité, elle se disperse derrière des incantations et des incongruités de
leadership dévoyé.
Lorsqu’on veut évaluer ses stratégies et peser ses initiatives, elles se
divergent tangentiellement occasionnant une cacophonie désabusante avec à
la clé un bulletin d’échecs prévisibles. Chacun tire le drap de son côté. Pas de
vision d’ensemble claire ni méthode d’action bien définie. On veut plutôt
trôner dans la cité de l’opinion. (Selon la description que Hobbes fait de
l’honneur) en s’adjugeant une certaine reconnaissance publique et virtuelle à
travers une autopromotion cybernétique.

Pourtant, la diaspora dispose de précieuses ressources dont la mise en
synergie ferrait d’elle une force économique, politique et sociale redoutable
capable d’influencer considérablement les acteurs et les enjeux de la crise
togolaise. On ne peut perpétuellement réinventer la roue. Le Congrès Mondiale
de la Diaspora doit impérativement se concerter avec la Diastode
Internationale, le MO5 ainsi que toutes les organisations représentatives de la
diaspora en vue de repenser la vision , la mission , les buts , les
stratégies ainsi que les organes de la diaspora togolaise pour une meilleure
efficacité des initiatives qui doivent se traduire par des résultats efficaces
, édifiants et probants.

Mo5-togo.com :Croyez-vous que la jeunesse togolaise d’aujourd’hui peut-elle
assurer la relève et faire mieux que les leaders actuels ?

Lawson-Hellu : Je trouve votre question absolument pertinente. L’avenir du Togo
appartient à sa jeunesse qui représente au moins 80 % de la population. Le
problème qui se pose à cette jeunesse et qui handicape fortement son élan et
sa capacité de relève, provient non seulement de son instrumentalisation mais
aussi et surtout du refus systémique de lui conférer les attributs du pouvoir de
l’action à la hauteur de l’énergie et de la volonté qui font sa force. On fait
en sorte qu’elle choisisse soit de s’aligner sur les forces en présence à fort
relent ethnique, soit de se clochardiser, soit de s’exiler ou de s’accommoder
de la précarité résultant de la débrouillardise. Le taux de chômage reste très
élevé. La déperdition scolaire est ahurissante. Les diplômés sont réduits à des
salaires de misère ou contraints à des métiers de subsistance.
En plus de ces difficultés, s’ajoutent des pesanteurs culturelles de
l’autoritarisme d’ainesse auquel vous êtes tenus de vous soumettre.
Il faut que la jeunesse togolaise se prépare à une révolution culturelle,
sociale et politique. Elle doit conduire et assumer cette révolution jusqu’au
bout. Avant d’y arriver elle doit pouvoir penser par elle-même et apprivoiser le
fil conducteur de la pensée révolutionnaire. L’élite de la jeunesse doit se
former, s’éduquer et acquérir une solide expérience pour réussir sa mission.
Elle doit éviter de commettre l’erreur monumentale que les acteurs du 5 octobre
ont commis celle de remettre la conduite d’une révolution dans les mains non
préparées des quidams opportunistes sans projet ni culture ou encore moins
disposant d’une rhétorique et pratique révolutionnaire. La jeunesse doit monter
au créneau et se saisir du pouvoir et complètement l’assumer. Ils sont
nombreux, ces jeunes togolais, ingénieux, talentueux, courageux et compétents
capables de conduire la libération et le redressement du pays. Comme l’énonce
Frantz Fanon <<”Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa
mission, l’accomplir ou la trahir.”>>. Aux jeunes togolais d’accomplir et
d’assumer les siennes.


Mo5-togo.com : Comment qualifiez-vous la décision de Gilchrist OLYMPIO de
participer au gouvernement de large union et de compétence ? Alors Gilchrist
pragmatique ou traitre ?

Lawson-Hellu : La déclaration Gilchrist Olympio le 26 mai 2010 a sonné dans mes
oreilles comme des coups de tonnerre. Au-delà de la paix des braves qu’il
prétend avoir signée avec le RPT, ce qui peut être compréhensible politiquement,
c’est plutôt la nouvelle orientation qu’il propose au peuple togolais et
surtout le constat d’échec qu’il effectue des 40 ans de lutte, qui m’ont
complètement dévasté. J’ai pleuré comme un soldat sur le champ de bataille qui
veut continuer à se battre mais qui voit son chef abdiquer pour des motifs
obscurs.
40 ans de sacrifice, de souffrance, de privation, de lutte ardue avec son
cortège de blessés, de mutilés, de morts, d’exilés ne peuvent se réduire aussi
abruptement à la portion congrue d’un accord bidon de partage de gouvernement
aussi médiocre.
Des questions sérieuses se posent. Des interrogations jaillissent de toute
part et le doute profond s’installe. Si la question des acquis de ces 40 années
de lutte se voit bradée ; pire, se pose avec plus d’acuité le problème de
l’orientation idéologique de la lutte où la confusion prend son droit de citée.
Plus de repère, plus de référence, plus de mythe, plus d’idéologie, plus de
vision. On partage le gouvernement avec le RPT, point barre. C’est plutôt
accepter la régence du parti de malheur ad vitam aeternam. Si la lutte engagée
depuis plusieurs décennies devait finalement aboutir à partager le gouvernement
avec le RPT, pourquoi avoir perdu autant de temps, d’énergie, de sang, de vies
humaines à combattre pendant tout ce temps ? Étions-nous aussi idiots ?
J’ai essayé de comprendre monsieur Olympio, de lui donner le bénéfice du doute
et de prendre en considération tous les facteurs significatifs qu’imposent le
leadership politique mais peine perdue car tous les éléments et indicatifs de
la grille d’analyse qui font qu’en politique 1+1 ne font pas toujours 2 virent
au rouge et défient la raison. Ils refusent même d’obéir aux lois
potentielles de l’irrationnel…
Le leader politique est leader parce qu’il a une vision, une mission, une
stratégie, une méthode et des objectifs auxquelles le peuple adhère. Même si
l’on reconnaît que le leader peut être parfois en avance sur son temps et du
coup courir le risque d’être incompris et rejeté à un temps T1, Il relève de sa
responsabilité de convaincre, de susciter la foi confiance de ses militants en
attendant d’être soumis au verdict des résultats concrets de sa démarche au
temps T2. S’il advenait que le leader s’est trompé, il doit pouvoir tirer
toutes les conséquences de son échec et rendre le tablier. C’est cela un
leader.
Gilchrist Olympio n’est malheureusement pas dans le cas de figure.
Il a fait son choix et pris sa décision au mépris de tous les principes de
démocratie et de leadership.
Il a outre choisi un très mauvais tempo politique pour parachever son mariage
contre nature avec Faure Gnassingbé alors que la réélection de ce dernier est
vivement et légitimement contestée par l’UFC et le FRAC.
Il fait fi du vote de la majorité des togolais en faveur de Jean-Pierre Fabre
et ridiculiser les marches démocratiques de protestation légitime des
milliers de Togolais dans les rues de Lomé chaque samedi depuis l’élection
présidentielle du 4 mars contre la deuxième fraude électorale fils du Général
Eyadema.

On est forcé de sentir dans la démarche solitaire de Monsieur Olympio, de la
vengeance politique pour court-circuiter le leadership et la dynamique
revendicatrice de son ex-secrétaire général, au point d’ignorer la volonté et le
combat de tout un peuple pour le changement et l’alternance. Monsieur Olympio
n’a tout simplement pas digéré que sa candidature hypothéquée soit remplacée
par celle de Jean-Pierre Fabre, son disciple politique le plus accompli.

Tout cela témoigne et trahit les convictions de pseudo démocrate et
autocratiques de monsieur Olympio et surtout met en lumières ses réelles
intentions en trompe l’œil de libération du peuple togolais du joug
néocolonial des Gnassingbé. Il me semble que monsieur Olympio arrivé à un âge
avancé, où naturellement, il devrait prendre sa retraite politique et passer le
relais, et conscient qu’il ne pourra plus se rendre avec le peuple togolais à
la terre promise, a voulu monnayer les 40 ans de lutte pour tirer des
dividendes égoïstes et personnelles.
En réalité ce qui a fait la force de monsieur Olympio, fait également sa
faiblesse aujourd’hui. Toute la force motrice de son combat politique et de son
opposition historique a pris son encrage sur la personne d’Eyadema. À la mort
de celui-ci, le ballon s’est vidé de son hélium. Un combat politique ne peut se
résumer à une opposition à une personne mais plutôt au système incarné par
cette personne. Si c’était le cas, le combat de Gilchrist devrait survivre à la
disparition d’Eyadema.
Monsieur Olympio n’aurait jamais rencontré officiellement monsieur Eyadema de
son vivant en 40 ans de lutte politique (j’exclus les rencontres officieuses
probables) mais constatez combien de fois il a rencontré officiellement son
fils en 4 ans .>>
Et oui, le deal avec Faure couvait depuis la rencontre mystérieuse d’Abuja en
2005 qui a vu sacrifier sur l’autel des calculs politiciens et égoïstes,
l’élection présidentielle gagnée par Bob Akitani et la résistance héroïque
du peuple togolais à la succession monarchique de Faure Gnassingné. Le vin a
été tiré depuis lors, avec à la clé des milliers de togolais massacrés
horriblement. Monsieur Gilchrist Olympio a juste pris le temps de le boire
jusqu’à la lie. Il avait tout planifié sauf, la candidature imprévue de
Jean-Pierre Fabre et la constitution in extremis du FRAC.

Force est d’affirmer haut et fort que l’accord de partage du pouvoir entre les
fils de présidents n’engage qu’eux et non le vaillant peuple togolais.
La question de partage du pouvoir qui est au demeurant une alternative
sérieuse de court terme à défaut de l’alternance politique. Elle doit être
envisagée sous le prisme du statut officiel de l’opposition, de cadre
législatif et la question du financement. L’opposition doit être renforcée dans
son statut de contrôle du pouvoir, de la gestion de la chose publique et dans le
choix des grandes orientations de politique générale au niveau de tous les
échelons de l’État. Le partage de pouvoir doit résulter non pas à la
participation au gouvernement mais plutôt du pouvoir et des moyens de contrôler
le pouvoir. L’opposition doit disposer ses critiques payés par l’État pour
contrôler les ministères, les mairies, les préfectures et toutes les instances
de l’État politique et administrative. Le parti au pouvoir gère le
gouvernement et en a l’entière responsabilité et assume les conséquences.
L’opposition doit disposer les moyens et le pouvoir de contrôler son action.
Ces moyens et ce pouvoir constituent les fondamentaux du réel partage de pouvoir
dans le cadre d’une démocratie apaisée.
L’histoire, portera un jour, je l’espère, un regard croisé et plus objectif
sur la géométrie asymétrique du tracé politique de l’opposant historique et
rendra compte de sa pertinence dans le destin tragique du peuple togolais.

Pour l’instant les dés sont jetés et les clarifications ont été effectuées ;
nous devons l’accepter et laisser M. Olympio choisir sa nouvelle voie même
si c’est celle du RPT. C’est aussi une exigence de la démocratie pour laquelle
nous combattons. Nous devons repenser la révolution et continuer
inexorablement le combat jusqu’à la victoire finale du peuple togolais.
Jacques Attali, dans « Une brève histoire de l’avenir » conseille en ces
termes: ”Comme à l’aube de toute révolution majeure, il nous appartient d’abord
d’en mesurer l’urgence, d’en nommer les acteurs, d’en définir les valeurs et
d’en imaginer les institutions, dans la modestie du quotidien et la démesure de
l’idéal”. Repartons sur de bases nouvelles et saines avec des hommes capables
de porter plus loin l’aspiration légitime du peuple togolais à l’alternance et
le changement.
Les hommes passeront mais le pays et la justesse du combat du peuple pour la
liberté, la .démocratie et l’alternance politique ne passeront pas.


Mo5-togo.com :P ensez-vous comme la majorité des togolais que l’armée est le problème majeur du Togo ?

Lawson-Hellu : Je vous fais observer que l’armée n’est pas le problème du Togo
mais fait partie du problème togolais. Elle porte une lourde responsabilité dans
le chaos politique, économique et social depuis son intrusion tragique et
désastreuse dans la vie politique le 13 janvier 1963. Elle a plusieurs fois
récidivé : 66,67, décembre 91, et la plus récente intrusion, février 2005
générant une crise politique et institutionnelle qui a fait distinguer le Togo
de façon tristement célèbre dans le monde. Des réformes sont absolument
nécessaires pour redéfinir l’orientation, la mission et la vision en vue de
faire cette armée une véritable armée républicaine au service de son peuple,
outillée et prête à défendre l’intégrité du territoire, la sécurité des biens et
les personnes, la patrie et la constitution. Aussi faut-il désamarrer l’armée
togolaise de la domination et de l’instrumentalisation française. Tant que la
France continuera à faire de cette armée un outil raciste d’asservissement
colonial et un marché gratuit pour son industrie d’armement, le Togo n’accèdera jamais au rang de pays libre et démocratique et les togolais souffriront toujours de misère et de paupérisation. Le comportement et les propos colonialistes , liberticides
et méprisants de ce barbouze de lieutenant-colonel de l’armée française,
Romuald Letondot, envoyé au Togo pour conseiller machiavéliquement le chef
d’état major de l’armée de terre à maintenir en laisse dans les cales du bateau
négrier, le peuple togolais, en disent long sur le plan génocidaire dérobé du
pays des droits de l’homme en Afrique en général et le Togo en particulier. La
France est entièrement responsable du désordre politique au Togo et
conséquemment de la souffrance du peuple togolais. Mais le peuple togolais ne se
laissera pas faire.

Il faut noter que malgré que la configuration de commandement de l’armée soit
noyautée par des hommes conseillés par la France et proches d’un parti auquel
ils servent mordicus les intérêts, la majorité des soldats de cette armée ne
sont pas responsables des basses besognes généralement imputée à celle-ci.
Nous avons noté des grands noms qui ont fait et parfois au prix de leur vie la
notoriété de cette armée: Colonel Tépé, Capitaine Épou, Tokofaï, Kanakatom,
Akpo et tout récemment le commandant Boko qui par sont acte de courage et
d’humanisme a épargné à son pays un génocide planifié par le clan Gnassingbé et
leurs conseillers militaires et civiles français notamment le machiavel
Desbaches et Letondot.
Je pense à tous ceux qui sont tombés dans l’anonymat pour la démocratie. Pour
que leur combat ne soient pas vain et surtout pour permettre aux militaires
démocrates de l’armée de disposer d’une structure de soutien en cas de détresse,
nous avons mis sur les fonds baptismaux les Fonds de Soutien et d’Appui des
Démocrates des FAT (FSAD-FAT). Dans un article publié sur les sites internet et
signé par Antoine Nadjombé, Gbetey Folly Kpodar et moi-même , intitulé :
Création d’un Fonds de Soutien et d’Appui aux Démocrates des forces armées du
Togo, nous écrivions au sujet du FSAD-FAT ce qui suit : soutenir et d’encourager tout agent démocrate des forces de sécurité togolaise :
militaire, gendarme ou policier et tout regroupement de ceux-ci à apporter un
appui significatif ou à se distinguer de manière héroïque dans la lutte de
libération du peuple togolais.
Le peuple togolais et sa diaspora veulent désormais s’appuyer sur les ressources
de son armée pour résoudre définitivement la crise togolaise en vue de faire
rentrer le Togo dans la modernité, le bien-être social pour tous et le
développement intégral. Le peuple togolais a fait son chemin dans sa volonté de
libération et de changement ; il appartient à l’armée ou du moins à une partie
de celle-ci de faire le sien.

Les Fonds de Solidarité et d’Appui des Forces Armées Togolaises (FSAD-FAT)
fonctionneront entre autres comme une assurance vie, une assurance maladie et
invalidité, une bourse d’études pour les ayant droits, une pension de retraite
et une prime à l’action et au courage
Nous devons abandonner la litanie des paroles incantatoires qui ne déplacent
même pas de la poussière. Nous devons essayer autre chose que le dénigrement
systématique. C’est faisable si nous savons transformer nos pleurs, frustration,
déception, amertume, colère, hésitation, peur, doute, vœux pieux, critiques
oiseuses en outils pragmatiques d’actions et d’initiatives innovatrices
cohérentes en vue d’un meilleur devenir pour le Togo. De toute façon le Togo
démocratique de demain auquel nous appelons de tous nos vœux, aura à composer
avec l’héritage lourd et complexe de son armée. Vaut mieux y réfléchir et
prendre les devants dès maintenant. La chandelle vaut le coup nous semble-t-il.

La démarche n’est pas seulement financière, mais aussi, et surtout
psychologique, psychique, sociologique et historique. C’est un processus de
réconciliation du peuple avec son armée et surtout de la réappropriation de
celle-ci dans notre inconscient collectif. Un peuple sans son armée est
vulnérable et une armée sans son peuple n’a pas sa raison d’être. Les deux
forment les parties d’un tout et le tout d’une partie. Une souveraineté sans la
force nous semble être du leurre. Au-delà de la lutte pour l’alternance
politique, nous devons avoir en perspective les fondamentaux d’une vraie
république souveraine et d’une vraie nation. »

Nous demandons à la diaspora togolaise de se mobiliser pour faire de cette
institution une réalité.


Mo5-togo.com : votre mot de fin.

Lawson-Hellu: J’aimerais dire au peuple togolais qu’il y a des raisons d’espérer
et qu’il faut rester mobilisé, déterminé et unis. La victoire est proche, ce
n’est qu’une question de temps. Vaincrons ou mourrons mais dans la dignité.
Vive le Togo et vivement l’alternance politique.
Unis pour la même cause, la lutte continue !
Je vous remercie.

Interview réalisée par mo5-togo.com au Canada.

( www.mo5togo.com )

Togo : ceux qui vont tomber de la falaise…

Trois fronts doivent être aujourd’hui ouverts, sur lesquels chaque Togolais qui se respecte doit pouvoir se situer et prendre ses armes pour donner de lui dans ce combat qui se doit aujourd’hui d’être ciblé, et non plus en éventail ; et qui nous aura coûté depuis 90 ans, depuis la réédition allemande lors de la première guerre qui a vu la France et ses pratiques criminelles poindre son nez sous le ciel togolais.
De ces trois fronts deux sont d’extrême importance et que sont la France et la traîtrise dont les figures de proue sont Gilchrist Olympio, Kokou Kofigoh, Edem Kodjo, Yawovi Agboyibo, Léopold Gnininvi. Il est conséquent que si les Togolais arrivent à résoudre les équations que posent ses deux facteurs, le troisième se résout ipso facto de lui-même.

La France :
Ce pays malgré son auto-proclamation patrie des droits de l’homme est et reste l’une des pires calamités en termes de crimes humains que le monde ait connus. Le pays des intrigues et de toutes les bassesses. Son histoire en est jonchée. La pire des guerres est celle que l’on mène sans qu’on n’en ait conscience, et parce qu’elle a des allures de tout sauf d’une guerre.
La France sous son habit de défenderesse des droits de l’homme livre depuis des siècles une guerre sans merci aux peuples du monde, et surtout de l’Afrique.

Il est une réflexion surprenante entendue au cours d’un débat et qui aujourd’hui parait juste, et qui disait que l’erreur de la France fut d’avoir voulu mettre la main sur le Togo. Et c’est vrai cela l’a perdu hier, lui coûtant ses colonies africaines, et cela la perd aujourd’hui alors qu’elle continue de maintenir un bras de fer avec le peuple togolais. Peuple qui malgré ses airs couards comme sont amenés à le penser certains, ne renonce jamais. Le Togolais n’est certes pas belliciste mais il ne renonce jamais et de son caractère il faut retenir que tant qu’il en restera un debout le combat ne finira.
On comprend alors l’acharnement qu’avait la France à vouloir faire disparaitre et rayer cette nation de la carte en la diluant dans un partage entre le Ghana et le Bénin voisins entre 1919 et 1960. On comprend encore l’assassinat de Sylvanus Olympio par le commandant Maitrier missionné pour cela ; crime qu’endossera Eyadema toute sa vie et qui a servi à berner avec la complicité du Gilchrist Olympio et bien d’autres et à prendre en otage un peuple.
Aujourd’hui le mensonge est tombé, les masques sont bas et cela va s’empirer. Que peut encore nous inventer d’autre cette France en perdition et aux abois. Elle vient d’être mise au pilori par l’ONU et ses pairs de l’Union européenne, la pauvreté y monte de manière galopante, les crimes et délits sont au firmament tandis que l’éducation et la morale y sont en chute libre. Elle court inéluctablement vers ce mot qui sont des maux qu’elle aura elle-même inventé : le sous-développement.

De partout en Afrique les Africains doivent lui sonner le glas, même si on peut critiquer la manière qui consiste à se vendre à la Chine, et autres pays émergents au lieu de se retourner sur eux-mêmes et penser leur avenir. Nous ne pouvons qu’encourager cela et toutes les ruptures à l’instar de celle que vient de proclamer Ali Bongo mettant un terme au commerce exclusif avec la France que des accords d’escrocs imposaient sans contrepartie réelle au Gabon ; en espérant que ce ne sont pas que des paroles.
Les Togolais doivent aujourd’hui cibler plus que jamais cette France, et lui porter tous les coups nécessaires qui lui mettront genoux à terre. Il faut consacrer un pourcentage infime soit-il des forces togolaises à faire plier cette France. C’est un devoir, c’est même plus une question de survie.

La traîtrise :
C’est le mal absolu, la gangrène qui est responsable de notre échec. Les Togolais malgré ce but cher à tous de liberté et de fierté, est enclin à vendre son âme au diable pour quelque intérêt pécuniaire individuel. On oublie qu’ainsi on hypothèque non seulement son propre avenir mais aussi celui de ses enfants. La trahison est le fait des faibles et des médiocres, et cela s’avère dans le cas du Togo car tous ceux qui alimentent le régime RPT, tous ceux qui prêtent mains à la France et au régime qu’elle a monté pour coloniser le Togo, ce qu’elle n’a jamais pu réaliser directement par elle-même, sont des médiocres. Peut-être exhiberont tout au surplus des diplômes délivrés par les institutions de cette même France et l’Occident par extension, mais au-delà, ces gens sont incapables dans leur médiocrité de penser par eux-mêmes. L’école dont ils s’estiment le produit les a formés à obéir aux ordres et non à concevoir l’ordre.
Tout africain qui a été à l’école occidentale acquiert cette propension à se trahir lui-même et à trahir les siens. C’est un triste constat qui n’est plus à démontrer. L’appât du gain, et l’égo mal édifié aux antipodes de ce que peut être une fierté forment les l’ossature de ce mal africain.
Cette traitrise n’est pas seulement active mais aussi passive, par l’omerta, cette loi le silence que nos parents, nos grands frères ont observé, qui confortent et sert de béquille à ce phénomène.
Edem Kodjo, Kokou Kofogoh, Yawovi Agboyibo, Léopold Gnininvi, et Gilchrist Olympio, pour ne citer qu’eux sont les plaies béantes de cette traitrise. Le cas de Gilchrist étant singulier et pour cause dans la tragicomédie mise en scène depuis le 13 janvier 1963, il paraissait jusque-là le seul dont la trahison paraissait inimaginable. Et pourtant…

Tous les traitres finissent toujours par payer de leur traitrise et au Togo la règle ne fait pas exception, d’autant qu’il faut faire confiance au peuple togolais qui bien que considéré comme peu courageux par ses voisins qui confondent courage et facilité à sombrer dans la violence.

Gil Christ Olympio : Les derniers rebondissement depuis la fausse candidature avortée par une médiocre mise en scène de la chute dans une baignoire transformée en chute dans un escalier lors d’une visite à sa fille aux USA à une semaine de la clôture des candidatures à l’élection présidentielle de mars dernier auront fini de déshabiller Gilchrist Olymppio aux yeux des Togolais et des observateurs. Il reste encore de sombres révélations qui tapissent dans le ventre de ceux qui devraient parler et éclairer le peuple togolais.

Le régime RPT :
Il est temps que notre pays en finisse avec ce régime liberticide, né de l’esprit criminel de ceux-là dont l’idéologie est d’asservir le noir, et que des poltrons, et autres cancres s’évertuent à servir, conscients de leurs tares et de ce que dans des conditions normales, ils seraient les derniers de la classe.
Ce régime ne saurait résister comme dit si les Togolais arrivaient à résoudre la question épineuse de la traitrise et contribuer avec les autres pays Africains et tous ceux qui y ont intérêt à réduire l’influence nocive de la France dans le monde.

La Rédaction. www.togocity.com

Burundi – Sida : les ARV désormais disponibles

Les Antirétroviraux (ARV) et les médicaments contre les maladies opportunistes pour les malades porteuses du VIH/SIDA sont pour le moment disponibles au Burundi, selon les responsables du ministère en charge de la lutte contre le SIDA.

Révérien Zirakunze, porte-parole au ministère burundais de lutte contre le SIDA, a indiqué au cours d’un atelier organisé jeudi à Bujumbura, capitale burundaise, que “ces Antirétroviraux et médicaments sont désormais disponibles à la Centrale d’Achat des Médicaments du Burundi ( CAMEBU )”.


Comme il l’a souligné, ce sont des médicaments qu’ils ont dû emprunter à cette structure gérée par le ministère de la santé publique en attendant l’arrivée de la commande qu’ils ont faite.


Il a également indiqué avec regret que les procédures d’ importer ce genre de médicaments sont rendues difficiles par la multitude des structures dans ce domaine.


“Une seule structure qui devrait suivre tout le processus de la commande à la livraison de ces médicaments faciliterait ces procédures”, a indiqué le porte-parole.


La semaine dernière, des collectifs des associations des personnes vivant avec le VIH/SIDA avaient demandé avec insistance au gouvernement de mettre sur pied une commission d’enquête sur la gestion de ces médicaments qui avaient commencé à se raréfier.

1,5 million d’Ivoiriens préparent leur retour


Le Réseau Côte d’Ivoire Diaspora (RECID) a organisé les 18 et 19 août 2010, ses premières ‘’Journées Internationales des Diasporas’’ (JID) au VITIB de Grand-Bassam.


“Diaspora et écocitoyenneté “, tel est le thème de cette rencontre qui a regroupé des Ivoiriens venus de l’Europe, des Amériques et d’Afrique. Des Italiens et Indiens y ont également pris part. Selon l’ambassadeur Paolo Sannella, président du comité scientifique environ 1,5 million d’Ivoiriens vivant à l’étranger sont prêts à venir investir en Côte d’Ivoire. Quant à l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en Inde SEM. Richard Zadi, président du RECID, il a rappelé que le Réseau est une émanation des Ivoiriens de la diaspora, essentiellement mus par l’intérêt supérieur de leur pays et imprégnés des idéaux de paix, de fraternité et de solidarité qui ont pris la décision de créer une organisation fédérative, apolitique, et à but non lucratif. Elle a pour mission entre autres de contribuer à la mise en place d’un cadre institutionnel et politique approprié par les Ivoiriens de l’étranger ; faire de la diaspora le cœur de cible de l’investissement productif dans le pays, de la promotion des potentialités économiques nationales en direction de l’étranger et réciproquement ; et soutenir l’Etat dans ses efforts d’organisation et de modernisation. L’ambassadeur Zadi a, pour sa part, apprécié l’action de la diaspora à s’investir dans la création de richesse et de lutte contre la pauvreté à un moment crucial où la Côte d’Ivoire est en phase de sortie de crise. Pour le RECID, la problématique essentielle demeure celle du retour au pays. D’où la nécessité impérative d’agir ensemble à travers un réseau mondial capable de proposer à un grand nombre d’Ivoiriens qui le désirent, un retour gagnant, profitable à la Côte d’Ivoire et à ses populations. C’est dans ce sens que le RECID s’est entouré de partenaires extérieurs (Européens et Indiens) afin de leur proposer des opportunités de collaboration et de financement de projets porteurs. ” Persuadée que l’affranchissement de la Côte d’Ivoire viendra d’abord des Ivoiriens eux-mêmes, la diaspora cherche donc à trouver la meilleure plateforme d’épanouissement, en vue d’une collaboration bonifiée avec les pouvoirs publics “, a précisé SEM. Zadi. Au bout, il s’agit de mettre cette communauté d’Ivoiriens de l’étranger en confiance, pour une implication de celle-ci dans le processus de création de richesse dans le pays


L’intelligent d’Abidjan

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